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Un réfugié tchadien tente de s’immoler à la préfecture

mardi 14 mars 2017

Lundi 13 mars, vers 10h30, un homme a tenté de s’immoler par le feu à la préfecture d’Ille et Vilaine. Grâce à la rapide intervention d’usagers, il a été sauvé et rapidement pris en charge par les services d’urgence mais il est sérieusement brûlé au cou et au visage.

Il s’agit d’un jeune demandeur d’asile tchadien, arrivé en France en février 2013. Comme de nombreux migrants placés en procédure Dublin avec une réadmission vers l’Espagne, il a été contraint d’attendre près de 2 ans sans hébergement stable et sans ressource avant de pouvoir engager sa demande d’asile en France ! Son dossier est toujours en cours d’examen devant la CNDA ( Cour Nationale du Droit d’Asile).

Souffrant de syndromes post-traumatiques suite aux violences subies dans son pays, ces troubles ont été accentués par la précarité dans laquelle l’a maintenu l’administration pendant 4 ans. Comme la majorité des jeunes hommes célibataires en demande d’asile, il a connu l’errance, l’hébergement ponctuel en foyer, avant que son état ne nécessite une hospitalisation depuis un an au sein de l’établissement psychiatrique Guillaume Régnier.

Déjà en octobre 2014, un homme avait fait irruption dans la préfecture d’Ille et Vilaine brandissant une barre de fer et menaçant de s’immoler. Il avait été neutralisé par la police qui lui avait tiré une balle dans la jambe. Suite à cet acte désespéré, la préfecture avait annoncé l’embauche d’un vigile supplémentaire pour contrôler les entrées.

La preuve a malheureusement été apportée hier, qu’il ne suffit pas de renforcer la sécurité des conditions d’accès à la préfecture, pour éviter des gestes de désespoir de personnes vulnérables en souffrance qui demandent protection à la France.

Ce sont les conditions d’accueil des demandeurs d’asile qu’il faut améliorer, pour que chaque demandeur d’asile bénéficie d’un hébergement digne et d’un accompagnement adapté durant l’instruction de son dossier.

Parce que c’est une urgente nécessité, le MRAP 35 demande de mettre fin immédiatement au règlement Dublin appliqué inéquitablement dans l’Union Européenne, comme sur le territoire national selon l’usage de la clause discrétionnaire du préfet. En effet, il engendre un allongement des procédures et un engorgement des dispositifs d’accueil en maintenant inutilement les demandeurs d’asile dans une situation de précarité et de vulnérabilité intolérable.

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