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Un collectif d’organisations appelle à se mobiliser le 1er mai pour défendre les conquêtes sociales et le droit de manifester

mardi 30 avril 2019

En cette période de répression et de criminalisation croissante des mouvements sociaux dans toute leur diversité, un collectif d’associations, de partis politiques et de syndicats lance un appel large à la mobilisation en ce premier mai 2019. Les manifestant.e.s ne doivent pas céder aux intimidations des forces de l’ordre et du pouvoir politique. En nous rendant massivement dans la rue le jour de la fête du travail et des travailleur.euse.s, nous défendrons à la fois les conquis sociaux et la liberté de manifester.

Les organisations signataires donnent rendez-vous à 11 heures à République.

Quelques semaines après les graves blessures de Geneviève Legay, militante d’Attac Nice, et alors que les mensonges d’État sont révélés semaine après semaine, les organisations signataires souhaitent rappeler que le cas de Geneviève n’est pas un cas isolé et que les violences policières ne cessent de se multiplier depuis le début du mouvement des Gilets jaunes le 17 novembre dernier. Cette dérive n’est toutefois que l’amplification de pratiques malheureusement depuis trop longtemps répandues et qui singularisent la France en matière de gestion de maintien de l’ordre pendant les manifestations et dans les quartiers populaires.

Le collectif dénonce une dérive autoritaire dont le dernier acte est le vote de la loi dite « anticasseurs » qui légalise les fouilles systématiques de tou.te participant.e à une manifestation et transforme en délit le fait de manifester le visage partiellement couvert. Dans le même temps, le gouvernement persiste dans l’usage par les forces de l’ordre d’armes mutilantes telles que les lanceurs de balles de défense « LBD 40 » ou les grenades GLI-F4. Ces armes ne sont utilisées dans aucun pays limitrophe de la France dans le cadre de la gestion des manifestations. Depuis novembre dernier, elles ont déjà fait des milliers de blessé.e.s, des dizaines de mutilé.e.s (œil crevé ou main arrachée) et un décès à Marseille.

Le collectif condamne par ailleurs une répression plus générale des mouvements sociaux qui va du rappel à la loi et à l’emprisonnement en passant par la mise en garde à vue, notamment des street medics, comme cela a été le cas à Nice le 23 mars dernier. Il s’indigne d’autre part des méthodes d’intimidation exercées par les forces de l’ordre à l’encontre des journalistes qui couvrent les manifestations. La liberté de la presse n’est pas négociable et doit être garantie de manière absolue.

Le collectif souligne que ces pratiques ont fait l’objet de condamnations de la part d’instances internationales telle que l’Organisation des Nations Unies (ONU) ou européennes telle que la Cour européenne des droits humains (CEDH) sans que le gouvernement en prenne acte et interdise enfin l’usage des armes mutilantes ou ne somme les préfectures de donner d’autres consignes que celle de recourir systématiquement aux gaz lacrymogènes.

Le collectif salue à nouveau l’initiative de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) qui a appelé le 13 avril dernier à se mobiliser partout en France pour défendre les libertés publiques et démocratiques contre les dérives de l’exécutif national. Comme plus de 50 organisations, l’association appelle à l’abrogation de la loi d’encadrement de la liberté de manifester.

Le collectif renouvelle son soutien à toutes les victimes de violences policières et lance un large appel à une « certaine forme de sagesse » qui doit consister le 1er mai prochain à rejoindre de manière déterminée les cortèges syndicaux pour défendre les droits des travailleur.euse.s et le droit de manifester. N’en déplaise aux chiens de garde médiatiques unanimes dans leur volonté de discréditer le mouvement des Gilets jaunes : la démocratie se pratique aussi dans la rue.

Signataires

Attac Rennes, Droit au logement (DAL) 35, le groupe la sociale de la Fédération anarchiste, France Insoumise Rennes Métropole, le Parti de gauche 35, Solidaires 35, Génération.s Rennes

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