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Rafles médiatisées : l’indignation hypocrite de la gauche

jeudi 21 février 2008

Coordination Anti-Répressive de Bretagne

L’interpellation spectaculaire de trente-trois personnes par différents services de la police française à Villiers-le-Bel et dans d’autres villes du Val-d’Oise peut susciter une indignation légitime, y compris la nôtre. A la Coordination Anti-Répressive de Bretagne, nous savons trop bien comment des troubles réels peuvent servir d’outil de diversion pour un gouvernement en difficulté dans les domaines économiques et sociaux.
Nous savons aussi comment certains médias peuvent apporter leur contribution à une opération de propagande gouvernementale. Le spectaculaire vol d’explosifs commis à Plévin, Côtes-d’Armor, et la bombe mortelle de Quévert, Côtes-d’Armor (affaire toujours sans coupables suite à l’effondrement de la thèse de l’accusation en mars 2004) , avaient, eux aussi, amené des rafles à grand spectacle.
Aujourd’hui, Ségolène Royal, ancienne candidate du Parti Socialiste Français à l’élection présidentielle de 2007, dénonce l’opération policière massive et surmédiatisée de Villiers-le-Bel, tandis que le Parti communiste français parle de « gigantesque cirque médiatique ».
Que ne l’ont-ils fait par exemple en mai ou juin 2000, quand des brutalités évidentes étaient commises par la police française ... Mais où étaient-ils donc à l’époque et que faisaient-ils ?

Il est notoire qu’en 2000, le P.C.F. et le P.S. étaient au pouvoir en France.

C’était bien la « gauche plurielle » qui était au gouvernement, le premier Ministre était Lionel Jospin, la ministre de la Justice était Elisabeth Guigou, le ministre de l’Intérieur était Jean-Pierre Chevènement, Charles Josselin était ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et Ségolène Royal ministre déléguée à la Famille et à l’Enfance.

Le Parti Socialiste, le Mouvement des Citoyens, les Verts, le Parti communiste français et le Parti radical de gauche faisaient partie de la majorité et participaient au gouvernement.

Charles Josselin avait déclaré à la Fête de la Rose tenue le 1er mai 2000 à Saint-Brieuc (quotidien régional « Ouest-France », page 2, rubrique « politicorama », mardi 2 mai 2000) qu’il estimait « la part de doute infime, c’est bien le terrorisme breton qui a effectué le premier le saut de la mort », reprenant ainsi l’expression du quotidien de l’extrême-droite espagnole « ABC ». Il est, depuis, resté muet sur le sujet. Peut-être ne sait-il pas que les quatre personnes poursuivies dans l’Affaire de Quévert ont finalement été acquittées, deux autres ayant vu les poursuites contre elles annulées par un non-lieu ?

Ce sont bien encore les députés du P.S. et du P.C.F. qui applaudissaient leur champion de la répression, Jean-Pierre Chevènement, le 25 avril 2000 [Leur police politique D.N.A.T. a alors utilisé des méthodes extrêmement brutales à Tremeven (Finistère) et à Saint-Nazaire. Un habitant de cette dernière ville, employé communal, militant de la CGT, a failli mourir en garde à vue à Rennes et a dû être transféré en urgence à l’hôpital.

A l’époque, non seulement ces politiciens n’ont bien sûr pas protesté, mais de plus leurs élus et leur presse ont systématiquement bavé sur les personnes poursuivies.

Leur indignation d’aujourd’hui, ils peuvent donc se la garder !

Pour la Coordination Anti-répressive de Bretagne,

Le porte-parole,

Claude Le Duigou.

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