Rennes info
Accueil du site > Actualité > Public Eye Awards. Un « trophée » pour l’irresponsabilité des entreprises plus (...)

Public Eye Awards. Un « trophée » pour l’irresponsabilité des entreprises plus nécessaire que jamais

vendredi 12 janvier 2007, par rennes info

Le jour même de l’ouverture du Forum économique mondial (WEF) (Davos), la Déclaration de Berne et Pro Natura décerneront pour la troisième fois leurs « Public Eye Awards » pour des comportements d’entreprises particulièrement irresponsables. Quelque 40 grandes entreprises suisses et étrangères ont été proposées pour les prix. C’est un record. Cette année elles ont été réparties en trois nouvelles catérogies « monde », « Suisse », et « positive ».

Avec le Public Eye on Davos, la Déclaration de Berne et Pro Natura jettent depuis 2000 un regard critique sur le Forum économique mondial (WEF) qui a lieu en même temps dans la station grisonne. Dans notre collimateur : les entreprises multinationales, membres du WEF. Plutôt que d’écouter béatement les beaux discours tenus au WEF, nous pointons du doigt les points douloureux du comportement quotidien des multinationales. Pour que la responsabilité des entreprises ne reste pas un concept creux, le Public Eye est devenu un Public Eye Awards. Depuis 2005, il permet d’"honorer" par un "prix" des actes irresponsables en matière sociale et environnementale. Depuis 2006, un prix positif est également attribué

Nominations

En été 2006, La Déclaration de Berne et Pro Natura ont lancé un appel aux ONG du monde entier les invitant à proposer des entreprises pour les Public Eye Awards 2007. 40 propositions sont parvenues aux organisateurs, un record. On y retrouve des entreprises habituellement pointées du doigt comme Coca-Cola, Nestlé ou Syngenta et d’autres moins connues du grand public. Sur cette base une sélection limitée à trois entreprises par catégorie a été retenue pour concourir en vue de l’attribution des prix du 24 janvier 2007.

Catégorie « monde » (11.01.07)

Bridgestone Corporation
Sur les plantations de caoutchouc de Bridgestone au Libéria règne une situation proche de l’esclavage. Les familles des travailleurs vivent dans des cabanes en torchis délabrées. Elles sont obligées de faire travailler leurs enfants. En extrayant le caoutchouc, adultes et enfants entrent quotidiennement en contact avec des produits toxiques, ce qui porte gravement préjudice à leur santé. Leurs conditions de vie sont, par ailleurs, péjorées par les eaux usées issues des installations de traitement du caoutchouc de Bridgestone. Le cours d’eau tout proche est tellement pollué que seule une espèce de poisson a pu y survivre. Bridgestone exploite sans vergogne les ressources naturelles et la population du Libéria. Les matières premières sont sorties du pays pour être épurées, ce qui ôte au Libéria toute possibilité de créer de la plus-value.

IKEA Groupe
Tout le monde connaît Ikea. Mais quelle est son identité ? Une entreprise suédoise ? Non, une toile complexe d’entreprises, de holdings et de fondations, propriétés d’une fondation néerlandaise. La Stichting Ingka Foundation (SIF), créée en 1982 par le fondateur d’Ikea Ingvar Kamprad, possède le Ingka Holding Group qui exploite 210 des 240 magasins d’ameublement Ikea de part le monde. Selon « The Economist », la SIF pèse actuellement 36 milliards de dollars US et est ainsi la fondation la plus riche du monde.
Contrairement à d’autres fondations qui promeuvent, par exemple, des programmes des Nations Unies, la SIF permet à Kamprad d’échapper au fisc. Aux Pays-Bas, la SIF est enregistrée comme organisation à but non lucratif. Elle est donc exemptée d’impôts. Malgré tout, Ikea continue de déployer tous les moyens légaux afin de minimiser ses impôts. Payer ses impôts constitue pourtant un aspect central de la responsabilité sociale d‘une entreprise.

Trafigura Beheer B.V.
En août 2006 à Abidjan en Côte d’Ivoire, un tanker affrété par Trafigura Ltd. a déchargé une cargaison nauséabonde : des déchets toxiques constitués d’un mélange d’eau, de carburants et de soude. Ces déchets furent déposés à ciel ouvert dans plusieurs décharges de la ville où ils dégagèrent des gaz mortels. Par la suite, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont dû consulter des centres de santé locaux et au moins six personnes sont mortes. L’ampleur du scandale n’est pas encore connue avec certitude. Les enquêtes en cours sont d’autant plus difficiles à mener que Trafigura est une société opaque et particulièrement discrète. Une plainte a été déposée contre elle à Londres au nom des victimes d’Abidjan.

Catégorie « Suisse » (11.01.07)

Novartis SA
En 2003, l’entreprise pharmaceutique suisse Novartis a obtenu du Bureau des brevets de Chennai (Madras) en Inde un monopole temporaire de commercialisation pour son médicament anticancéreux „Imatinib Mesylate“ (Glivec®) avant l’examen de sa demande de brevet. Cette décision entraîna un arrêt de la production des génériques indiens du médicament qui étaient vendus à un dixième du prix du Glivec® de Novartis. Par conséquent des milliers de personnes de par le monde perdirent l’accès à un médicament qui empêche la progression du cancer du sang (leucémie) mortel dont ils sont atteints. En janvier 2006, suite à l’opposition au brevet par la Cancer Patients Aid Association (CPAA), le Bureau des brevets de Chennai a rejeté la demande de brevet de Novartis pour le Glivec®. Cela a mis fin au monopole temporaire de Novartis sur le Glivec®. La production de génériques a pu reprendre. Novartis s’oppose vigoureusement à cette décision et met tout en œuvre pour récupérer son monopole. Elle a déposé une double action en justice auprès de la Cour de justice de Chennai : contre la décision de l’Office des brevets de Chennai et contre le paragraphe 3 (d) de la loi indienne sur les brevets sur lequel se fonde le rejet de sa demande.

Ruag Holding
En tant qu’entreprise d’armement appartenant à la Confédération, la Ruag Holding fait figure d’espèce rare parmi les entreprises étatiques. Cette précautionneuse et fragile impression induit pourtant en erreur quant au fonctionnement de ses filiales. Les centres de production de la Ruag Holding en Suisse, en Allemagne et en Suède en font la plus grande manufacturière de munitions de petit calibre d’Europe, la rendant ainsi coresponsable de la mort de plus d’un millier de personnes chaque jour, décédées des suites de la vente d’armes légères de par le monde. Mais la Ruag compte également parmi ses exploits la production d’armes bien plus barbares, telles que les bombes à fragmentation, la livraison d’armes dans des régions en guerre ou encore la collaboration avec les belligérants. Tout cela ne semble pourtant pas préoccuper la Confédération, qui est à la fois la propriétaire et le principal mandant de la Ruag.

Xstrata
L’entreprise suisse Xstrata, qui exploite la mine de zinc et de plomb de la McArthur River en Australie, aimerait, pour maximiser le profit, la transformer d’une exploitation souterraine en une mine à ciel ouvert. Les plans de transformation ont été dévoilés en août 2005 et dernièrement approuvés par le gouvernements australien et le Northern Territory. Ils prévoient la dérivation de la McArthur River, rivière tropicale intacte, sur une longueur de plus de 5 km, de même que la création d’une colossale carrière ouverte dans l’ancien lit du cours d’eau. Des organisations environnementales et d’indigènes s’opposent à cette construction de mine à ciel ouvert dans le but d’éviter que la rivière et son delta ne soient pollués et d’ainsi préserver les conditions de vie de quatre groupes d’autochtones vivant en aval de la rivière.

Catégorie « prix positif » (11.01.07)

Coop
Coop a été proposée pour le Public Eye Positive Award en raison de son rôle pionnier en faveur de l’agriculture biologique. Depuis 1993, le nombre de fermes Bio est passé, en Suisse, de 1000 à plus de 6000. L’agriculture biologique représente aujourd’hui 11% des terres arables. L’impulsion fut donnée par la réforme écologique de l’agriculture. Les exploitations Bio ne se seraient toutefois pas autant développées si Coop ne s’était pas lancée dans la commercialisation des produits Bio. C’était la première fois, sur le plan mondial, qu’un leader national de la branche s’engageait si fermement dans la promotion de produits biologiques. L’augmentation des exploitations Bio renforça les effets positifs de l’agriculture biologique, qui n’utilise pas d’engrais, ni de pesticides et d’herbicides synthétiques. Les sols et les cours d’eau reçoivent ainsi moins de produits nocifs, ce qui contribue à la préservation des milieux naturels et de la biodiversité en Suisse.

Eosta
Eosta est une chaîne de produits alimentaires innovatrice à succès. L’entreprise dispose d’un grand assortiment de fruits et de légumes biologiques et/ou bio-dynamiques certifiés. Eosta s’engage pour des standards de qualité élevés et adhère donc à une production éthique et durable du point de vue écologique. Afin d’encourager la responsabilité croissante à la fois des producteurs et des consommateurs, Eosta a développé le projet-pilote Nature&More, qui se base sur des documents de suivi de qualité. Cette nouveauté permet aux consommateurs d’obtenir des informations, via une plate-forme Internet, sur toutes les étapes de production des produits d’Eosta. Cela motive les producteurs à constamment améliorer leurs standards de production et favorise, en même temps, la transparence dans la chaîne de production.

Marks & Spencer plc
Marks & Spencer (M&S), géant du commerce de détail britannique, vend depuis peu du coton biologique contrôlé, cultivé au Mali. M&S a, par ailleurs, développé sa propre ligne de vêtements Fair Trade. M&S garantit aux producteurs de coton maliens l’achat de leur coton pour les trois prochaines années, en quantité jusqu’alors jamais vue, et il s’engage pour des conditions de production durables.
A l’origine de la production de coton bio au Mali, on trouve, en 1998, un projet pilote d’Helvetas impliquant 25 petits producteurs. Aujourd’hui, plus de 1700 producteurs y participent. Depuis août 2006, M&S a rejoint le projet en tant que partenaire contractuel et souhaiterait, dans le futur, y contribuer encore plus largement. Des entreprises suisses, telles que Switcher, la Migros et Reinhart utilisent également, pour leur produits, du coton malien, participant ainsi au développement des standards sociaux et écologiques.

site à visiter : http://www.publiceye.ch/

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | | Suivre la vie du site RSS 2.0 |dri rennes info est hébergé par DRI