Aujourd’hui, samedi 6 février 2010, une manifestation de solidarité avec les sans papiers et contre le racisme d’État s’est tenue à Nantes.
Manifestation de soutien aux sans papiers à Nantes 06/02/2010 from Benoit on Vimeo.

Nous avons pu constater à notre encontre une manœuvre d’intimidation policière sans précédent :
Un déploiement de force disproportionné au regard de l’évènement (plusieurs dizaines de fourgons de CRS et de Police nationale). Des rangées de CRS sur-armés ont encerclé le cortège tout au long du défilé. L’arrêt de tramway Commerce (ligne 1) a été entièrement engorgé par des véhicules de Police (voir photos : plus de 15 fourgons ! Et plus de 86 CRS selon les dires des Renseignements Généraux eux même). De mémoire, jamais un tel dispositif répressif n’avait été mis en place, même lors des grandes journée interprofessionnelles de janvier et mars 2009, qui rassemblaient des dizaines de milliers de personnes. Cette démonstration de force a inquiété de nombreux promeneurs nantais.


Des intimidations multiples des manifestants, allant de la désignation ostensible et menaçante de plusieurs participants pacifiques visés pas une éventuelle arrestation, à une forte amende injustifiée et arbitraire au « camion sono » de la manifestation.
Cette manœuvre a pour but de terroriser et d’isoler les manifestants et la population (les policiers conseillant aux commerçant de fermer boutique sur notre passage, et aux badauds d’évacuer la voie, comme si nous étions de dangereux criminels). De nombreuses rues ont été bouclées par la Police en ce samedi après midi et dernier jour de solde : il s’agissait d’empêcher au maximum la visibilité de notre démonstration de solidarité ; et surtout de criminaliser et a terme d’interdire de fait de telles manifestations.
Malgré les difficultés ici évoquées, nous nous félicitons qu’une telle manifestation ait put réunir plusieurs centaines de personnes (autour de 400 aux meilleurs moments ) et espérons qu’une dynamique de solidarité ait pu être déclenchée.
Nous nous indignons de tels procédés qui tendent à devenir habituels dans la France de Sarkozy, le dernier exemple en date étant la répression très violente et sans motif d’une manifestation de chômeurs à Rennes. Nous nous étonnons que l’État qui dit ne plus avoir de budget dans le domaine éducatif dépense autant pour encadrer une manifestation pacifique. Désormais, le droit de manifester est couramment remis en cause, c’est une dérive préoccupante pour la démocratie.
Nous ne nous laisseront pas terroriser de la sorte, la solidarité n’est pas un crime.
Les initiateurs de la manifestation
(ce communiqué est le fruit du collectif organisateur de la manifestation, non de tous les signataires du tract).