Rappelons qu’il y a 4 sans papiers lillois (en grève de la faim) enfermés depuis le 2 août au centre de rétention administrative de Rennes - Saint Jacques. Que font nos élus?
Lille, le 10 août 2007
Les responsables du PCF, du PS et des VERTS se sont rencontrés aujourd’hui pour faire le point sur la situation des sans papiers grévistes de la faim dans le département du Nord.
Le Préfet a choisi de durcir le ton en faisant évacuer la Bourse du Travail. Depuis, 63 personnes, grévistes de la faim, sont dispersées devant 6 hôpitaux, sans assistance et régulièrement arrêtées et évacuées par les forces de l’ordre.
Pour les trois organisations politiques, ces décisions du Préfet rendent aujourd’hui la situation insupportable et ne permettent aucune sortie de crise. L’état de santé de plusieurs personnes se dégrade fortement. Les personnels hospitaliers, le SAMU et les pompiers doivent aujourd’hui gérer un conflit et sont de plus en plus mis en difficulté dans une période déjà difficile à gérer.
Ce conflit intervient dans un contexte politique où le gouvernement stigmatise les étrangers et crée un climat d’insécurité pour ces personnes : expulsion des enfants, arrestations aux portes des écoles, durcissement des conditions d’accueil. Ce climat conduit à des actions désespérées tel que la grève de la faim ou, plus grave, à Amiens, le cas d’un enfant qui a préféré se jeter par la fenêtre que d’être arrêté par la police.
Dernièrement, c’est le Ministre de l’immigration et de l’identité nationale qui déclarait, le 30 juillet, que la lutte contre le travail clandestin devait se mener en augmentant les contrôles des travailleurs immigrés. Le PCF, le PS et les VERTS estiment au contraire qu’il faut s’attaquer aux patrons voyous qui organisent le travail clandestin. Au lendemain de ces déclarations, le Préfet décidait d’expulser les sans-papiers de la Bourse du Travail.
Pour toutes ces raisons, les responsables du PCF, du PS et des VERTS demandent à une reprise de dialogue entre le Préfet et les sans papiers pour trouver une issue rapide à ce conflit. La nomination d’un médiateur pourrait être le moyen de reprendre les discussions, en lien avec les associations qui travaillent depuis toujours sur ce dossier, tel que la LDH, le MRAP et la CIMADE.
Ils demandent à rencontrer le Préfet le plus rapidement possible.
Eric CORBEAUX (PCF)
Gilles PARGNEAUX (PS)
Bernard DESPIERRE (Les Verts)
Appel commun PS-PCF-Verts sur la situation des sans-papiers à Lille
AFP - Lundi 13 août, 19h29
LILLE (AFP) - Le PS, le PCF et les Verts du Nord ont lancé lundi un appel
commun demandant notamment la nomination d’un médiateur pour résoudre la
crise des sans-papiers lillois, dont certains en grève de la faim depuis
plusieurs semaines ont été expulsés de la Bourse du Travail le 1er août.
"Cette situation n’est pas digne de la République", a notamment dénoncé
Gilles Pargneaux, secrétaire fédéral du Nord du PS, lors d’une
conférence de
presse commune avec Eric Corbeaux, secrétaire départemental du Nord du PCF
et Dominique Plancke, élu vert de la région.
Environ 120 sans-papiers avaient été interpellés le 1er août à Lille, dont
une soixantaine affirmaient observer une grève de la faim, pour certains
depuis le 15 juin, afin d’obtenir une régularisation. La plupart de ceux
qui
avaient été placés en rétention ont depuis été libérés.
Depuis lors, les sans-papiers grévistes de la faim sont dispersés dans
plusieurs communes de l’agglomération, selon les associations qui les
soutiennent.
PS, PCF et Verts demandent la nomination d’un médiateur, le regroupement
des
sans-papiers grévistes de la faim dans un même lieu pour assurer "un suivi
médical régulier" et la participation des principales associations qui
aident les sans-papiers à Lille (Mrap, Cimade, Ligue des droits de l’homme,
et Comité des sans-papiers du Nord) à la négociation d’une sortie de crise.
Une réunion est prévue mardi entre les représentants des trois partis et le
préfet du Nord. Ce dernier s’est dit à plusieurs reprises prêt à "examiner
au cas par cas les dossiers qui méritent de l’être", mais rejette toute
régularisation massive.
"Le préfet (du Nord) Daniel Canépa a choisi d’être le bras armé du ministre
de l’Immigration et de l’Identité nationale Brice Hortefeux en rompant les
accords conclus le 17 juin 2004" à Lille, qui avaient permis de mettre un
terme à une précédente grève de la faim de sans-papiers, en définissant
notamment des critères de régularisation et en mettant en place des
réunions
régulières en préfecture, selon M. Pargneaux.
"Le préfet prend un très grand risque, et il en assumera les conséquences",
a de son côté estimé M. Plancke.
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