Les Autres Chiffres du chômage

jeudi 28 décembre 2006

Plus de 4,4 millions de chômeurs en France selon « les autres chiffres du chômage »

Alors que le ministère de l’emploi doit publier vendredi 29 décembre les chiffres mensuels du chômage, un collectif d’associations et de syndicats baptisé « Les Autres Chiffres du chômage » a affirmé mercredi dans une conférence de presse, que la France comptait en septembre plus de 4,4 millions de chômeurs, et non 2,172 millions comme l’avait dit le ministère de l’emploi pour la même période.

Ce collectif, composé d’associations comme le Réseau alerte sur les inégalités, AC ! ou le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), et de syndicats comme le SNU-ANPE, SUD ANPE ou la CGT Insee, organisait mercredi la première d’une série de quatre conférences de presse prévues dans les quatre mois précédant l’élection présidentielle par le collectif.

Chaque conférence est volontairement organisée quelques jours avant la publication des chiffres officiels du chômage, pour « faire réfléchir » et inciter à « arrêter de mentir aux Français », selon Jean-Pierre Guenanten, délégué national du MNCP. Le collectif dit avoir trouvé le chiffre de 4,4 millions de chômeurs en septembre en croisant les chiffres de l’ANPE, de la Dares et de l’Insee.

2,276 MILLIONS DE CHÔMEURS NON COMPTABILISÉS DANS LES CHIFFRES OFFICIELS

Pour le collectif, 2,276 millions de personnes ne sont pas comptabilisées dans les chiffres officiels du chômage publiés chaque mois par le ministère de l’emploi. C’est ce que le collectif appelle « les chômeurs invisibles ». « On est allé les rechercher », explique le délégué national du MNCP.

Selon le collectif, ces chômeurs non comptabilisées dans les chiffres officiels sont :
- les chômeurs des départements d’outre-mer - 220 000 selon le collectif
- les personnes demandeuses d’emploi temporaire ou à temps partiel - 870 000 selon le collectif
- les personnes « dispensées de recherche d’emploi » - 412 000 selon le collectif -
- celles qui ont travaillé plus de 78 heures dans le mois mais cherchent un emploi, - 452 000 selon le collectif -
- et les « demandeurs d’emploi non immédiatement disponibles » - 321 000 selon le collectif.
Toutes ces catégories, estime « Les Autres Chiffres du chômage », appartiennent aux catégories officielles 2 à 8, alors que le ministère de l’emploi communique sur la catégorie 1, celle des personnes sans emploi, immédiatement disponibles et en recherche d’un contrat à durée indéterminée à temps plein, toujours selon « Les Autres Chiffres du chômage ».

« LES CHÔMEURS INVISIBLES REPRÉSENTENT PLUS DE 50 % DU NOMBRE TOTAL DES CHÔMEURS »

« Le fait que certaines catégories de chômeurs ne sont pas comptabilisées dans les chiffres officiels n’est pas nouveau, explique M. Guenanten, mais pour la première fois, les chômeurs invisibles représentent plus de 50 % du nombre total des chômeurs, alors qu’en 1982 ils ne représentaient que 10 % de la totalité des chômeurs ».

Pour expliquer l’écart entre les chiffres officiels et ceux du collectif, M. Guenanten met notamment en cause la mise en place par l’ANPE de questionnaires comme, par exemple, celui soumis à une personne qui recherche un CDI à temps complet et dans lequel on lui demande s’il accepterait un CDD à temps partiel. « Si la personne répondait oui, elle sortait de la catégorie des personnes en recherche d’un emploi à temps complet », affirme Jean-Pierre Guenanten. « C’est une hypothèse que nous avançons pour expliquer le glissement massif entre 1999 et 2002, de personnes en recherche d’emploi de la catégorie 1 vers les catégories 2 et 3 » [respectivement en recherche d’emploi à temps partiel et à durée déterminée, saisonnier ou temporaire], précise Thomas Coutrot, du réseau d’alerte sur les inégalités. « Mais l’ANPE n’avance aucune explication non plus », ajoute-t-il.

M. Guenanten indique toutefois que le gouvernement actuel n’est pas seul en cause, puisque, selon lui, « ça fait 25 ans que c’est comme ça ! »

Selon « Les Autres Chiffres du chômage », les chômeurs des départements d’outre-mer (DOM) ne sont jamais comptabilisés dans le bilan mensuel du gouvernement. « Je n’ai aucune explication, sinon que l’Insee, souvent, ne les intègre pas », observe M. Guenanten. Pour déterminer leur nombre, les chercheurs du collectif ont consulté les ANPE des DOM. Un conseiller de Jean-Louis Borloo a indiqué au Monde.fr que le ministère de l’emploi ne souhaitait pas faire de commentaire.

La prochaine conférence de presse des « Autres Chiffres du chômage », consacrée aux « radiations et aux pressions exercées contre les chômeurs » est prévue le 29 janvier 2007 à Paris.

LEMONDE.FR 27.12.06

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Voir en ligne : Les chômages invisibles. Collectif « Autres Chiffres Du Chômage »

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