Christine Lagarde annonce une hausse "brutale" du chômage à 8,7% au premier trimestre 2009 (+1,1 point) jeudi 4 juin 2009
Christine Lagarde a annoncé jeudi que le taux de chômage atteignait "8,7% au premier trimestre 2009", après avoir connu "une progression très forte" de 1,1 point. "C’est brutal", a commenté la ministre de l’Economie sur Europe-1.
"C’est évidemment un mauvais chiffre, on le savait, on a une dégradation de la situation de l’emploi qui est tout simplement la conséquence de la dégradation de la situation économique depuis six mois", a-t-elle expliqué. La ministre se base sur les statistiques trimestrielles de l’INSEE qui doivent être diffusées ce jeudi matin.
"Au quatrième trimestre, le chiffre a été révisé, il a été révisé à l’amélioration à 7,6%" de la population active. Mais au premier trimestre, "on est à 8,7%. Donc c’est une progression très forte, 1,1% de plus, c’est brutal", a reconnu la ministre de l’Economie, même si "on est dans la moyenne européenne".
Chômage au sens du BIT et indicateurs sur le marché du travail (résultats de l’enquête emploi)
Résultats de 1er trimestre 2009 - paru le 4 juin 2009 à 08h45 Commentaire
Taux de chômage au sens du BIT
En moyenne sur le premier trimestre 2009, le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 9,1 % de la population active en France (incluant les Dom). Séries longues depuis le premier trimestre de 1996
Pour la France métropolitaine, il s’établit à 8,7 %, soit près de 2,5 millions de personnes. Le taux de chômage augmente de 1,1 point par rapport aux données révisées du quatrième trimestre 2008. Séries longues depuis le premier trimestre de 1975
http://www.insee.fr/fr/themes/indic...

Le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi a augmenté de 63.400 en mars (+ 2,7 %). Même en cas de reprise de l’activité d’ici à un an, l’amélioration sur le marché du travail ne se ferait sentir qu’avec retard, indique Bercy.
Le rythme est moins rapide mais la tendance est bien installée. Après avoir augmenté de 100.000 en janvier et de 80.000 en février, le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi en catégorie A, c’est-à-dire ceux qui sont tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi et qui n’ont pas travaillé une seule heure dans le mois, a de nouveau progressé de 63.400 en mars (+ 2,7 % par rapport à février), soit une hausse de près de 250.000 au premier trimestre. Dans ses dernières prévisions, l’Insee tablait sur un chiffre assez proche (281.000 chômeurs de plus), mais pour l’ensemble du premier semestre ! Sur un an, le chômage a déjà crû de 22,1 %. Le nombre de chômeurs atteint 2.448.200 à la fin du mois dernier, le seuil des 2,5 millions pourrait donc être franchi très rapidement. Si l’on ajoute les chômeurs ayant travaillé occasionnellement dans le mois, le nombre de demandeurs d’emploi s’établit à 3.480.700, en hausse de 77.000 en mars (+ 2,3 %).
Les évolutions sont particulièrement spectaculaires pour les moins de 25 ans, comme le craignait le gouvernement. Le chômage des jeunes a bondi de 4 % en mars, et sur douze mois, la progression représente 35,8 % (et même 49,9 % pour les seuls hommes de moins de 25 ans). Ainsi, 451.600 demandeurs d’emploi de moins de 25 ans sont-ils inscrits à Pôle emploi en catégorie A. Quant aux motifs d’inscription, il se confirme que les fins de missions d’intérim sont en léger recul et que les fins de CDD se stabilisent, les entreprises s’étant déjà largement séparées des salariés précaires. En revanche, les inscriptions pour licenciements économiques ont bondi de 11,9 % en mars (46,1 % sur un an), même si elles restent relativement limitées en valeur absolue. La mise en oeuvre des plans sociaux dans les mois à venir devrait peser sur cet indicateur.
Pas de décrue l’an prochain
Si le gouvernement souligne le fait que la France fait mieux que d’autres pays - la hausse du chômage est bien plus violente en Espagne ou en Grande-Bretagne -, en mettant en avant les effets amortisseurs du plan de relance, il met aussi en garde sur la longueur de la crise. Quand bien même l’activité économique repartirait en 2010, le décalage sur les créations d’emplois serait d’environ un an, a prévenu la ministre de l’Economie, Christine Lagarde. Le gouvernement espère ainsi une croissance positive en 2010, mais il estime que le chômage sera encore en progression l’an prochain. Dans ces conditions, le financement du Fonds d’investissement social (Fiso), dont le comité de pilotage se réunit ce matin, fait l’objet de vifs débats avec les partenaires sociaux. Les syndicats, à l’instar de la CFDT, estiment que l’Etat pousse trop loin en mettant à la charge du Fiso l’ensemble des mesures sur l’emploi des jeunes, annoncées vendredi par Nicolas Sarkozy. L’Etat doit contribuer à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Le budget de l’emploi, revu à la hausse à deux reprises, devrait suffire en 2009, mais Bercy sait qu’il devra se maintenir à un niveau élevé en 2010, qui ne correspondra sûrement pas à ce qui avait été inscrit dans la loi de programmation pluriannuelle. Le gouvernement a indiqué qu’il relèverait sa contribution au Fiso autant que de besoin, en demandant aux partenaires sociaux de faire aussi un effort. Pour l’instant, ces derniers ont accepté d’apporter les quelque 360 millions du Fonds unique de péréquation (FUP) de la formation professionnelle.
28/04/09
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