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Le MRAP 1977- 2007:contre le racisme sous toutes ses formes, par Christian Delarue

vendredi 9 mars 2007

Le MRAP que je défends et pour lequel j’appelle à l’unité au-delà des clivages existants est celui qui a pris nom en 1977. Le MRAP d’avant 77 luttait « contre le racisme et l’antisémitisme » et donc principalement contre l’antisémitisme, du moins au regard de son titre « Mouvement contre le racisme et l’antisémitisme et pour la paix ». Les militants de l’époque ont pris acte de la diversité des formes du racisme et ont changé le nom du MRAP qui se nomme depuis « Mouvement contre le racisme et l’Amitié entre les peuples ».

Quelle signification présente de ce changement ? Démonstration par l’exemple : dans le rapport RUFFIN, l’UEJF (Union des étudiants juifs de France) approuve surtout le fait que soient analysées les « différences d’origine, de nature et d’expression » entre racisme et antisémitisme, « qui doivent donc faire l’objet de traitements spécifiques ». Il est évident que chaque forme de racisme doit être appréhendé dans ce qu’elle a de particulier. Pour autant, je suis, comme de nombreux membres du MRAP, foncièrement et radicalement opposé à cette formulation qui pousse à la survalorisation du racisme antisémite et à la sous valorisation des autres formes de racisme qui perdent ainsi toute visibilité et toute légitimité. Ce qui est conforme au MRAP de 1977 qui a abandonné cette incongruité d’un racisme plus à combattre qu’un autre.

Sur cette base, je défends l’unité du MRAP même si certains tendent à défendre une forme de racisme plus qu’une autre car in fine le MRAP n’est aucunement spécialisé. Je défends l’unité du MRAP parce que le MRAP a besoin de tous ses militant(e)s qui disposent d’énormes qualités mais qui divergent sur de nombreux points. Un vrai maelstrom ! Je défends aussi l’unité du MRAP du fait que je suis dans les débats internes « sur la frontière ».

Ce document correspond à une introduction à une débat, donc en principe adressé à tous, y compris aux personnes non averties mais au-delà de ce cadre de base il y a ici et là des positionnements certes sujet à débat mais qui montrent que des compromis sont possibles.

En guise d’introduction, quelques appréciations contenues dans le rapport de la CNCDH.

Pour connaître sommairement l’état du racisme en France il convient de consulter l’épais rapport de la CNCDH - année 2005 - Documentation française 2006 . Dominique VIDAL a montré que les télévisions et les radios en avaient donné une vision tronquée et faussé.

http://www.monde-diplomatique.fr/do...

Ce rapport porte sur l’analyse des différentes formes de racisme et sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

Eléments « qualitatifs » : Voici un propos de Michael Warschawski de 2004 : "Le racisme relève la tête en France, c’est un fait. Ou plutôt, il sort du placard. Personne ne me fera croire que le vieil antisémitisme d’origine chrétien- ne, qui a déferlé sur la France de Vichy, a soudain disparu, une fois les forces alliées débarquées en Normandie et en Provence ; il s’est simplement caché. De même qu’on ne me fera pas croire que le racisme anti-arabe qui a permis le massacre des Algériens à Paris en 1961 s’est évaporé une fois l’Algérie indépendante ; il s’est juste fait plus discret".

http://www.humanite.presse.fr/journ...

Eh bien cette discrétion ne semble plus de mise, le racisme sort du placard. Le rapport 2005 pointe « la levée d’un tabou » (p 81) à propos du racisme déclaré : Une personne interrogée sur trois dirait qu’elle est raciste (24% un peu raciste). La xénophobie est en augmentation face aux inquiétudes économiques : la logique du « bouc émissaire » fonctionne pleinement.

Autres éléments qualitatifs :
Le Rapport du MRAP (introduit p277) évoque « la permanence des représentations du passé » mais aussi l’élaboration et la diffusion de nouvelles formes de représentations.
Le racisme antimaghrébin va se coupler par amalgame avec « terrorisme » ; « voyou », paresseux« , »musulman" (avec connotation négative) Le racisme anti-Tsiganes, Rom, Manouches est très répandu. En 2005 la population issue des pays colonisés (et Dom-Tom) ou ex-colonisés a subi plus de stigmatisation. Le nom et la couleur de peau sert de référence au racisme.

Eléments quantitatifs :
Les faits pris en compte sont les atteintes à la dignité, les atteintes à la personne, les atteintes aux biens, les discriminations, les injures et diffamations. Les violences et menaces antisémites sont en baisse : 974 en 2004 contre 504 en 2005 et sont très concentrées sur la région parisienne.

I – RACISME, CONNAITRE CE QUE L’ON COMBAT

A - Commençons par le vieux racisme qui perdure.

Il se fonde sur la subdivision de l’espèce humaine en plusieurs « races ». Il a trouvé son expression française sous la plume de J A GOBINEAU (1846-1882) avec son « Essai sur l’inégalité des races humaines » (1855). Outre l’inégalité foncière entre les races, il y a chez Gobineau l’idée de l’hybridation nuisible des races car cela entraîne immanquablement un affaiblissement de la race « ariane » qui est la race parfaite. Si la race a effectivement été invalidé par la communauté scientifique il n’en reste pas moins qu’un racisme biologique perdure notamment sous l’effet des colonisations. Cette forme de racisme valorise le blanc et dévalorise le noir ou les « cafés au lait », les arabes. Ce qui bouge ces dernières années c’est la réponse à ce racisme avec la création du CRAN. Le Conseil représentatif des associations noires ne lutte que contre le racisme qui frappe les noirs, la négrophobie.

Passons à l’antisémitisme, un autre vieux racisme. Pour PA TAGUIEFF, la doctrine de Gobineau a apporté une contribution décisive au racisme biologique et aryaniste mais rien sur la stigmatisation des juifs. S’agissant des juifs il faut plutôt accuser un CHAMBERLAIN qui à partir d’une mauvaise lecture de Darwin et une prise en charge de l’eugénisme de Galton va élaborer un programme de sélection raciste qui sera repris par le nazisme. Avant comme après l’extermination des juifs l’extrême droite porte toujours cet antisémitisme dans la société. Le MRAP, qui s’appelait Mouvement contre le racisme et l’antisémitisme a combattu cette forme de racisme dès 1949 ; Mais l’antisémitisme, dont l’Affaire Dreyfus est le triste symbole, a connu sa première intensification pendant les années du changement de siècle XIX-XX ième siècle. La « France juive » de Drumont connaîtra un grand succès malgré la violence de son racisme antisémite.

B - ... poursuivons par le « néoracisme ».

Il me faut mettre en débat d’une part ce que l’on a appelé « Les habits neufs de l’antisémitisme » (Marianne 2003) et d’autre part l’islamophobie.

1 ) Y a-t-il un nouvel antisémitisme ?

Je passe rapidement sur l’aspect quantitatif : Certains ont crié à « l’année de cristal » (A Finkelkraut) face à la recrudescence du racisme antisémite. Le racisme antisémite existe mais la France n’est pas antisémite (cf intro). Ce nouvel antisémitisme aurait deux origines : il serait produit et diffusé dans un cas par l’extrême gauche dans l’autre cas par les arabes solidaires des palestiniens. Pour les défenseurs de cette thèse, sous prétexte de combattre l’impérialisme américain ou de combattre le sionisme ces combattants en viendraient à tenir consciemment ou inconsciemment (on parle alors « d’effet antisémite ») un antisémitisme nouveau de type conjoncturel.
Cukierman en 2003 évoque « un antisémitisme d’extrême-gauche antimondialiste, anticapitaliste, antiaméricain, antisioniste » . On se trouve face à une argumentation en chaîne du type : Les américains soutiennent Israêl, les américains soutiennent la mondialisation capitaliste comme Israël, Israël et sionisme sont une seule et même chose donc être antisioniste c’est vouloir la fin de l’Etat d’Israêl, ce qui ne peut signifier pour Cukierman que l’élimination de tous les israéliens. Rien moins !
Outre le nécessaire combat contre l’antisémitisme d’ou qu’il vienne on trouve deux types de réaction qui pose problème :

Il importe d’en finir au plus tôt avec la guerre israelo-palestienne et avec la situation coloniale imposée sur les territoires palestinien.

Il faut serrer les coudes à tout prix face à l’agression d’Israël et utiliser systématiquement et abusivement l’antisémitisme qui n’est qu’une féroce judéophobie. Position qui s’exprime soit activement (cf Cukierman) soit passivement (Elie Wisel a choisi de se taire). Deux points à souligner ici.
Il y a bien sûr des antisémites qui critiquent Israel et qui mélange les genres. La vigilance s’impose.
L’attitude d’une certaine partie de la communauté juive constitue un « intolérable chantage » (ouvrage collectif) digne des pires pensées de camp. La liberté de critique est stipendiée surtout à l’encontre des « individus d’origine juive » (formule de TA Taguieff). Lanzeman a qualifié de traitre Rony Brauman. Les juifs critiques, « spinosants », sont objet d’une haine farouche.

2) L’islamophobie raciste.

a)Genèse d’une notion :

En novembre 2003, le MRAP organise une première rencontre de clarification sur ce que l’on va appeler l’islamophobie, terme qui s’apparente à un autre terme récent - la judéophobie qui est la haine des juifs. En fait la terminologie se veut proche de la xénophobie tout comme d’autres néologisme comme l’arabophobie ou la négrophobie mais aussi l’homophobie. Mais il y a eu contestation, sur le contenu et sur la forme du terme.
Pour ma part j’ai parlé rapidement de l’ambiguité de la formule notamment au regard du terme religiophobie, pourtant emprunté à Vincent GEYSSER et qui signifie plus sobrement peur des religions, de toutes les religions dans ce qu’elles peuvent avoir d’excessif et de prosélyte et donc sans nécessairement que ce soit une peur irraisonnée. J’ai distingué alors une islamophobie raciste et une islamophobie partie prenante de la critique des religions. J’ai avancé depuis sur cette distinction, notamment avec l’affaire REDEKER.
D’autres, dans et hors du MRAP, se sont attachés à la critique du contenu de la notion. A la suite de /Caroline Fourest et Fiammetta Venner des camarades comme Gérard KERFORN, Maurice CARREL et d’autres ont défendu l’idée que « //Le mot “islamophobie” a été pensé par les islamistes pour piéger le débat et détourner l’antiracisme au profit de leur lutte contre le blasphème. Il est urgent de ne plus l’employer pour combattre à nouveau le racisme et non la critique laïque de l’islam ». Le débat virulent a débouché sur une mise en suspend de la notion. Mais celle-ci a été reprise lors du congrès du MRAP en 2005 après intervention d’un de ses meilleur avocat - Me Ahcène TALEB - avec grosso modo la signification qui lui est donné par les tribunaux européens. Il ajoutait d’ailleurs : "Si vous prenez le livre d’Oriana Fallaci et vous mettez le mot juif à la place du mot musulman vous retrouvez la littérature des années 30".

b) Ou en sommes-nous ?

1 - La notion demeure l’objet d’un débat toujours virulent tant en France qu’en Europe.

2 - La critique de l’islam comme de toute autre religion est un fait acquis ; je dirais même qu’il s’agit d’une conquête de l’humanité tout comme la laïcité. D’ailleurs certains critiques exagèrent ou ignorent la position réelle du MRAP. Je pense notamment à Guy KONOPNICKI qui à la suite de l’affaire REDEKER à appelé le MRAP , Mouvement de Respect d’Allah et du Prophète. Il ignore que le MRAP ne respecte pas plus Allah, que Jésus ou Jéhovah . Pour être clair on s’en tape ! Que Mouloud AOUNIT ou d’autres camarades non athées soient plus respectueux que je ne le suis ne signifie nullement qu’ils entendent faire du MRAP un outil de protection des religions. Il y a là erreur, je crois, due à l’intensité de l’affrontement idéologique. De cette erreur, je tends par contre-poids en quelque sorte à être plus incisif sur la critique des religions et du religieux, de leurs composantes intégristes ou non intégristes, mais toujours sans globaliser.
Pour autant, et c’est important, je crois qu’un racisme anti-arabe ou un racisme anti-musulman passe bel et bien par la stigmatisation de l’islam. Nous sommes bien en présence de ce que je nomme un « racisme islamophobique » (je met ici l’accent sur le vecteur qui permet le racisme plus que sur les humains racisés) en acte (pratique) et un racisme islamophobique issue d’un discours soutenu (théorique).

c) Il faut combattre le racisme islamophobique.

1 - Le racisme islamophobique en discours pseudo-théorique : avec « le cas Redeker » (voir site MRAP) nous somme en présence : d’abord, d’une nécessaire généralisation totalement négative sur l’islam : la très mauvaise critique est acceptable mais ici elle n’est qu’un alibi pour faire passer un discours raciste. ensuite une essentialisation-racialisation des musulmans avec attribution de la négativité de la critique de l’islam. Le mauvais tour est joué. Ce sont bien les musulmans dans leur ensemble qui sont racisés et infériorisés. La constitution du racisme est formé mais le prof de philo ne s’en tient pas là ; il lui faut enfoncer le clou en inscrivant son propos raciste dans le « choc des civilisations » afin de bien montrer que les européens chrétiens sont supérieurs.

2 - Le racisme islamophobique en acte : Subir la menace et les invectives à cause de cette pratique religieuse en est une autre. Et que penser de l’assimilation effectuée lorsqu’un jeune élève ingénieur se voit interroger d’après son faciès sur « ce qu’il pense de Ben Laden » lors d’un entretien professionnel ? Suis-je « islamo-gauchiste » ou « tiers-mondiste primaire » si je consteste ce type de recrutement comme étant de nature raciste ? Ne faut-il pas combattre les vexations et les pressions subies des musulmans et présumés musulman travaillant à Roissy depuis les élucubrations haineuses et mensongères d’un certain de Villiers ? S’en prendre aux mosquées à l’aide de graffitis haineux ou pire de bombes destructrices relève aussi d’une islamophobie aussi primaire que condamnable. Passons aux outils de la lutte contre le racisme sous toutes ses formes tel que posé par le MRAP de 1977 lors de son changement de nom.

II - COMBATTRE LE RACISME

Pour le MRAP ce combat ne saurait se mener en choisissant les victimes à défendre. D’ailleurs il faut penser à combattre le racisme sous toutes ses formes plutôt que de penser d’abord à « défendre des victimes » même si dans la pratique c’est la tâche antiraciste quasi quotidienne. Mais là j’engage une position. Il me faut donc les présenter toutes.

A – Le choix d’une position : quel antiracisme ?

Il y a plusieurs antiracismes, il s’agit de s’y retrouver dans le brouillage des mots.

1 - Si la racisation de l’autre se coule dans le « choc des civilisations », faut-il alors procéder à une ethnicisation inversée en guise de riposte ? La réponse positive constitue une première position en défense des indigènes de la République contre une République coloniale et postcoloniale.
Le MRAP n’adhère pas à cette position tout en critiquant le colonialisme et ses avatars maintenus . Le MRAP pense que cette position prend le risque de « la concurrence des victimes » et le risque de la solution communautariste.

Une position différente tend alors à agir contre la multiplication des catégories ethniques ou « raciales » constitutives d’altérité telles que Beur, black car cela amène le groupe majoritaire a s’autodéfinir explicitement aussi sur le même régistre. Autrement dit cela alimente une ethnicisation ou une racialisation des rapports sociaux : les gaulois contre les beurs, etc que le MRAP combat. Il faut aussi en principe contre l’ethnicisation du religieux (musulman = arabe ou l’inverse) opérer un « décrochage du religieux » (Olivier ROY).

On trouve donc alors sur cette logique antiraciste deux autres positions repérables :

2 - La défense des principes universels ou universalisables. Sur cette position, il me semble avoir repéré des variantes qui se combinent pas aisément : défense des principes républicains, défense de la laïcité, mais aussi sur la même base universaliste remise en cause de l’Etat-nation.

3 - La réhabilitation de la communauté (au sens large aussi bien du petit groupe comme au sens communauté nationale) tend à cacher la conflictualité interne et à mettre en avant un « eux » menaçant un « nous ». Mettre la question sociale en avant fait reculer le racisme car la vérité des rapports sociaux apparaît et c’est le FN qui disparaît. Car les racistes usent et abusent de notions englobantes : la nation indivisible, la patrie unie, la famille unie, la société civile non clivée par les rapports capital/travail, etc... Les racistes, comme les libéraux mais plus qu’eux et à des fins différentes, cachent les injustices systémiques issues de la domination du capital. Mettre à jour les rapports sociaux antagoniques les empêchent de promouvoir l’apologie de la « race » blanche, de la « nation française » au sens de celle qui est au-dessus du peuple (pas celle de 1789 qui était contingente au peuple en lutte)
Les positions 2 et 3 peuvent se combiner, par exemple lorsqu’il s’agit de critiquer le racisme dans un pays sous domination impériale. La complexité d’une situation ne saurait à mon sens ni absoudre le racisme des dominés ni masquer la domination.

B – Combattre et mobiliser « en contre » et « en pour »

La tâche des antiracistes s’effectue au sein d’une pratique répétée de solidarité et de rassemblement.

1 – L’antiracisme contre les stéréotypes et les amalgames Les stéréotypes sexistes, racistes et autres sont un produit culturel. C’est pour cela qu’ils ont la vie dure . En effet, le sens commun fonctionne beaucoup sur le préjugé et le stéréotype. Ils sont « déjà là » plus tenaces et plus rigides que les concepts. D’ou l’importance de l’éducation. Le racisme se diffuse avec des clichés. Le propre des stéréotypes est de simplifier la réalité sociale. Il opère une standardisation à partir réduit d’éléments. Le stéréotype est aussi une généralisation du type « quand on en a vu un on les a tous vus ». Le stéréotype est aussi normatif et génère des modèles à suivre ou à éviter. Ils servent de frontières. Dans la même veine, il faut combattre avec détermination tous les amalgames : entre antisionisme et antisémitisme, entre Arabes, Islam et islamisme, voire terrorisme.

2 – L’antiracisme pour la dignité et l’égalité

Il faut alors agir sur les conditions du développement du racisme.

Contre les logiques mises en place par les dirigeants économiques et politiques qui précarisent la situation des humains. Cela se justifie par le fait que le racisme pousse lors des changements sociaux sources de déceptions, de craintes et de déclassements sociaux. La lutte antiraciste se rattache à mon sens à la lutte contemporaine pour une autre mondialisation.

Contre les politiques étatiques qui redistribuent les richesses au profit de riches, tant en interne (en France) qu’au plan mondial.

Contre une conception frileuse de l’identité nationale qui s’enferme dans un différentialisme de repli sur une homogénéité à protéger.

3 – Les autres tâches entreprises par le MRAP

Le travail de mémoire participe de la clarification de ce qui perdure du racisme colonial dans la conscience populaire, un racisme constamment alimenté par des élites irresponsables voire clairement partie prenante de cette oppression. Je pense ici aux propos de Monsieur Georges FRECHE (les harkis sont des « sous-hommes » ) mais il y en a d’autres.

Un autre travail en cours ( ) porte contre les intégrismes et l’instrumentalisation politique des religions, et ce dans une perspective laïque, féministe et antifasciste

Un recul du racisme est aussi lié à lutte pour la liberté de circulation et d’installation des immigrés, un autre – on l’a dit - vise au règlement politique de la situation au Proche-Orient. Etc.

* Face au racisme polymorphe, il y a donc urgence de continuer à construire un mouvement en capacité de riposte. Le MRAP tel qu’il s’est développé, notamment depuis trente ans, reste l’outil le mieux adapté à cette lutte. C’est pourquoi les divergences fortes qui sont apparues ces dernières années doivent pouvoir être clarifiées et résorbées. Il en va du succès de notre combat. Quand les antiracistes échouent c’est l’ensemble de la société qui penche vers la réaction et la régression. Nous avons un devoir pour empêcher cela et ouvrir avec d’autres la voie vers la libération humaine de cette tare sociale qui ne relève plus du seul FN...

Christian DELARUE
Secrétaire national
Membre du BE et du CA du MRAP

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