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La mise en place des 12h a été violente pour les salarié.e.s du CHGR / Centre Hospitalier Guillaume Régnier

vendredi 21 janvier 2022

Un rassemblement en intersyndicale à réuni 150 salarié.e.s venu.e.s exprimer leur colère et sidération de devoir, du jour au lendemain, passer au travail en 12h par jour.

Certes nous traversons une période particulièrement difficile mais qui à elle seule ne permet pas d’expliquer l’état de l’hôpital. La COVID est juste un révélateur. Les décisions politiques des 20 dernières années de réduction budgétaires drastiques, de réduction de personnel, de suppression de lits associées à des managements qui individualisent et précarisant, n’attirent plus et pire encore, poussent au départ, en disponibilité mais aussi vers des changement d’orientation professionnelle.

Au Centre Hospitalier Guillaume Régnier,les représentant.e.s du personnel dénoncent depuis des années les décisions managériales. Les CDD se sont allongés sur des durées parfois supérieures à 6 ans, les CDI viennent remplacer les titularisations. C’est un choix de la direction du CHGR de ne plus fidéliser son personnel. Les titularisations sont devenues des denrées rares et les conditions de travail se détériorent. Les avancements de grades ne tiennent plus compte de l’ancienneté mais poussent vers la mobilité. Un.e agent.e nouvellement arrivé.e sur l’établissement est plus valorisé.e que celui qui s’investit au long cours...

Une volonté également de rompre avec l’esprit d’équipe si précieux et nécessaire au soin auprès des personnes hospitalisées en Psychiatrie. L’été dernier, la situation était déjà catastrophique sur l’hôpital ! On ne peut pas mettre en cause la COVID sur cette période !

Malgré tout, depuis des mois et des années, l’hôpital continue de fonctionner grâce à l’engagement des professionnel.le.s, mais encore combien de temps ?

Notre directeur a frappé fort à son arrivée en 2008 en supprimant à 1000 agent.e.s une prime. Le mois prochain, il part à la retraite et nous impose les 12 heures de travail dans nos unités…

C’est inadmissible. C’est la stratégie du choc : créer la crise en refusant de se pencher sur les raisons du départ des professionnel.le.s pour stopper l’hémorragie, tout en continuant de précariser et de refuser d’embaucher.

Alors la pandémie a bon dos pour expliquer la mise en place des 12 heures du jour au lendemain. C’est violent ! d’autant qu’il n’y a aucun chiffre avancé par la direction pour justifier d’une telle mesure !

Cette mise en place se fait en moins de 48h, pour les salarié.e.s des unités d’hospitalisation, de la MAS et du Pôle personnes âgées. Il n’y a pas eu de concertation avec le personnel concerné, ni avec ses représentant.e.s. Sommes nous donc corvéables à merci ? Encore une décision qui aura, à moyen terme, des effets néfastes sur l’attractivité de notre hôpital.

Avec cette décision brutale, l’impact sur la vie des salarié.e.s et leur entourage est énorme. Une salariée, mère d’un enfant de 9 mois, témoigne : sur 3 jours de travail à 12h, elle ne verra pas son enfant. Comment feront les mères qui allaitent ? Une autre interroge sur le travail de nuit. Après une semaine de 60 heures de travail, comment faire les 35 km jusqu’à son domicile sans prendre le risque de s’endormir au volant ? Certains collègues font les comptes, le salaire de la journée de travail absorbé dans le prix de la garde d’enfant. Et les professionnel.le.s en RQTH dont l’état physique ou psychique ne permet pas de résister à une telle amplitude ; Annulation des activités périscolaires des enfants...

L’impact sur notre vie professionnelle est terrible avec la détérioration des offres de soin. Certains sont tentés de nous vanter les mérites du travail en 12h ; le seul mérite est celui de se débarrasser rapidement de la tâche en quelques jours pour avoir plus de jours de repos derrière.. Mais nos métiers ne peuvent s’exécuter sans un engagement. Les métiers du soin et du relationnel demandent une disponibilité psychique. Les cadences imposées en 7h30 sont déjà difficiles à tenir en termes de qualité d’accueil de la souffrance. Alors comment allons nous pouvoir conserver un peu de disponibilité en travaillant 4h30 de plus par jour ?

Ce refus des 12h est justement le reflet du réel attachement à nos métiers, au service publique, et à la volonté d’offrir un soin de qualité.

Nous appelons à la grève, sur une heure le mardi 25 janvier, avec rassemblement dans la cour d’honneur du CHGR à 11h.

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