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L’abrogation des CPE CNE est toujours d’actualité

vendredi 7 avril 2006

Après la vague de manifestations qui a déferlé le 28 mars puis le 4 avril entraînant dans un même mouvement les jeunes et les salariés, plus de 3 millions de personnes à travers 258 manifestations, le pouvoir a bien été obligé de changer d’attitude. Jeudi, Villepin, qui n’a plus rien à dire et dont les jours comme premier ministre sont peut-être comptés, a appelé lors de sa conférence de presse mensuelle à « l’apaisement ». Il ne manque pas de culot, lui qui a tout fait pour provoquer et qui a réussi l’exploit d’unir contre lui tout le pays. S’il veut l’apaisement qu’il abroge le CPE et s’en aille !

Le tour de passe de Chirac promulguant la loi sur « l’égalité des chances » dont fait partie le CPE tout en disant qu’elle ne serait pas appliquée ne répond en rien aux revendications de la majorité de la population. Il a demandé aux députés UMP d’ouvrir des discussions avec les organisations syndicales et celles des jeunes. Celles-ci l’ont dit et redit, il n’y a rien à négocier ni à amender, le gouvernement doit abroger le CPE.

C’est ce que disent aussi les étudiants et les lycéens qui, malgré les pressions, les intimidations, voire la répression et les interventions des CRS, continuent le mouvement. Et on ne peut que regretter que les directions des confédérations syndicales n’aient pas pris l’initiative sans attendre ce que décideront Chirac, Villepin et Sarkozy d’appeler à la reconduction de la grève et de nouvelles dates nationales de manifestation. Quoiqu’il en soit, le mouvement ne baisse pas les bras. Les actions communes étudiants-salariés se multiplient, les blocages aussi. Chirac voulait sauver Villepin tout en passant la main à leur rival Sarkozy, mais il faut l’acculer à céder et à sacrifier Villepin.

Un mouvement contre la précarité

Oui, il faut l’abrogation du CPE mais celle-ci pose la nécessité d’abroger aussi le CNE qui a le même objectif que le CPE avec la même méthode : généraliser la précarité en remettant en cause le CDI par l’introduction d’une période d’essai de deux ans. Il faut aussi abroger la loi cyniquement appelé loi sur « l’égalité des chances » qui réintroduit le travail de nuit à 15 ans et l’apprentissage à 14.

Le gouvernement prétend restaurer le dialogue social, ouvrir un débat sur l’emploi. Alors puisqu’il a décidé d’écouter, il faut lui faire comprendre, à lui et ses amis les patrons, qu’en remettant en cause le CPE les jeunes et les travailleurs refusent la précarité et le chômage. Ils refusent la politique de régression sociale menée par ce gouvernement. Ils refusent de voir les profits des entreprises du CAC 40 augmenter de 30% et les dividendes versés aux actionnaires de 27% alors que les conditions de vie des classes populaires se dégradent.

Ils ne veulent pas travailler pour nourrir les profits mais bien pour satisfaire leurs besoins, ceux de la population. Et c’est bien parce que cette politique de régression sociale est la même que celle que mènent les patrons et les autres gouvernements en Europe que la lutte de la jeunesse et des travailleurs d’ici reçoit la sympathie de travailleurs et d’organisations syndicales d’autres pays européens.

Les exigences du mouvement sont légitimes. La démocratie, c’est la lutte contre le CPE et la précarité, la lutte du plus grand nombre pour faire valoir ses droits contre une minorité privilégiée. C’est bien Chirac, Villepin et Sarkozy qui sont illégitimes, isolés, qu’ils cèdent et qu’ils s’en aillent !

1 Message

  • Tout à fait d’accord !
    Il aurait été judicieux que les directions des confédérations syndicales appellent à une reconduction de la grève et mettent en place de nouvelles dates de manifestations nationales.
    Cela aurait atténué, sans aucun doute, l’absence de réaction et d’investissement de ces mêmes directions
    au début des contestations.

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