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Intervention au conseil municipal des chômeurs et précaires de Rennes

mardi 8 décembre 2009

Manifestation samedi 12 décembre Place de la mairie 15H suivie d’une assemblée générale des chômeurs et précaires.

Nous faisons circuler l’intervention que nous devions lire au Conseil municipal de Rennes le lundi 7 décembre. Nous avons été empêché d’entrer par la police

Chômeurs et précaires de Rennes

INTERVENTION AU CONSEIL MUNICIPAL DES CHÔMEURS ET PRÉCAIRES

Comme dans au moins 6 autres villes en France, ce samedi 5 décembre avait lieu à Rennes une manifestation organisée par l’assemblée régionale des chômeurs et précaires dans le cadre des marches nationales du chômage et de la précarité.

C’est à 15 heures place de la gare que nous avons appris que les autorités refusaient cette manifestation sous le prétexte fallacieux de non déclaration et d’une technoparade se déroulant en même temps à Rennes.Nous avons décidé que nous ne pouvions nous laisser exproprier la rue et que nous ferions entendre nos voix coûte que coûte. S’en est suivi ce qu’il est impossible de ne pas nommer un guet apens. Les forces de l’ordre ont systématiquement bloqué tous les accès au centre ville jusqu’à nous encadrer de telle manière que nous soyons totalement enfermés. Le cortège a toutefois réussi à rejoindre la maison des associations place du champs de mars où devait se tenir une AG des chômeurs, lieu négocié la veille et appartenant à la mairie.

D’AG nous nous sommes retrouvés dans une souricière où d’un côté la gérante du lieu nous interdisait l’accès à la salle pendant que les flics nous encerclaient de manière de plus en plus serrée. L’attitude de la mairie à ce moment là a été scandaleuse : elle a permis de nous livrer en pâture à une bande de flics assoiffés de sang qui n’avait pour seule mission, ce jour là, que de tabasser du militant. Il ne s’est rien passé dans ce défilé et cela n’a pas empêché un déchainement de violence délirant de la part des forces de l’ordre. Cinq camarades se retrouvent aujourd’hui incarcérés et inculpés. Inculpés, ironie et cynisme de la situation, de violence contre agent, là où c’est une bande de bêtes sauvages qui nous est tombée dessus.

Ce qui s’est passé samedi, pour aussi scandaleux qu’il soit, n’est pas une première à Rennes. Déjà depuis deux semaines, les chômeurs et précaires de Rennes se sont retrouvés face à une impossibilité d’occuper l’espace public  : expulsion musclée de la mairie vendredi 27 novembre, fermeture systématique des pôle emploi et de la CAF à l’arrivée de 2 ou 3 d’entre nous. Depuis quelques semaines, les réquisitions du DAL 35 pour le logement des demandeurs d’asile sont suivies d’expulsions. Il y a un mois, la grivèlerie, au 47 rue de Paris s’est également faite expulser à la suite d’une procédure d’urgence et avec force et moyen alors même que le lieu avait été déserté. Il y a bientôt 2 mois la manifestation de soutien aux luttes de l’ouest était interdite avec un déploiement policier digne d’une armée d’occupation.

Nous sommes là pour vous dire que la mairie ne pourra se dédouaner de ce qu’il advient de Rennes. Depuis des mois, vous travaillez main dans la main avec la préfecture pour imposer cette occupation policière. Vous en êtes même à l’initiative. L’épisode de la caravane des quartiers en témoigne. Le récit qu’en donne « Le mensuel de rennes » est très clair. Alors que quelques personnes avaient décidées de manifester à travers un repas sauvage organisé devant une salle où se tenait un débat avec notamment la maire de Rennes, vous n’avez pas hésiter à travailler directement avec le ministère de l’intérieur pour déployer un dispositif policier délirant ne protégeant que vos fantasmes.

Nous savons plus que jamais à qui nous avons à faire en s’adressant à vous. Vous avez décidé de faire de Rennes une ville morte que vous prenez le soin de nommer « ville propre ». Votre hygiénisme nous fait horreur. Quand vous utilisez l’argument du respect de la démocratie pour autoriser et légitimer toute action politique, ce que vous tentez d’étouffer, ce sont des sentiments devenus de colère, de rage, de révolte.

Ce que vous appelez démocratie, ce ne sont que les moyens de perpétuer l’état des choses et que jamais ne s’exprime et ne se vive une réelle conflictualité capable de promettre un futur désirable défait de l’emprise de l’économie. Nous ne nous laisserons pas enfermé dans une alternative entre un mouvement social totalement pacifié qui ne menace rien et un conflit ouvert avec des forces de l’ordre que vous encouragez par vos provocations policières. Ce que vous nous refusez, nous le prendrons.

Nous ne sommes pas ici pour quémander quoi que ce soit, nous sommes ici pour exiger.

Exiger ce que vous nous avez refuser samedi, à savoir un espace public, un lieu d’auto-organisation social et politique comme cela a déjà eu lieu à Paris avec la coordination des intermittents et précaires, ou encore à Dijon avec les Tanneries.

Exiger que la mairie cesse ses politiques sécuritaires et consciente de sa responsabilité dans les violences policières de samedi, les dénonce et demande la libération immédiate des 5 inculpés et la levée de tous les chefs d’inculpation.

Exiger que la manifestation de samedi prochain soit autorisée et que la salle de la Cité nous soit réservée de 17heures à 22 heures où tout autre amphithéâtre situé dans le centre ville pouvant accueillir 200 personnes.

Nous ne quitterons pas ce lieu public tant que nous n’aurons pas eu de réponse.

Manifestation samedi 12 décembre Place de la mairie 15H suivie d’une assemblée générale des chômeurs et précaires.

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