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Facebook a maintenant des méthodes de voyou… c’est le moment de lancer une alternative libre et ouverte

vendredi 14 mai 2010

Facebook’s Gone Rogue ; It’s Time for an Open Alternative

Ryan Singel - 7 mai - Epicenter (Wired)

(Traduction Framalang : Goofy, Barbidule et Daria)

http://www.framablog.org/index.php/...

Facebook a maintenant des méthodes de voyou… c’est le moment de lancer une alternative libre et ouverte

Facebook a maintenant un comportement de gangster, ivre des rêves d’hégémonie mondiale de son fondateur Mark Zuckerberg. Il est grand temps que le reste de l’écosystème du Web en prenne conscience et s’active pour le remplacer par un système ouvert et distribué.

Facebook était juste un endroit pour partager des photos et des idées avec les copains et la famille, et puis peut-être pour jouer à quelques jeux idiots dans lesquels on vous laisse croire que vous êtes un parrain de la mafia ou un pionnier. Facebook est devenu un moyen très utile pour communiquer avec vos amis, avec vos copains perdus de vue depuis longtemps, et les membres de votre famille. Même si vous ne désiriez pas vraiment rester en contact avec eux.

Et bientôt tout le monde a eu un profil - même votre oncle André, et aussi ce type que vous détestiez dans votre précédent boulot.

Et puis Facebook s’est rendu compte qu’il était propriétaire du réseau.

Alors Facebook a décidé que « votre » page de profil deviendrait celle de votre identité en ligne, en se disant - avec raison - qu’être le lieu où les gens se définissent procurera du pouvoir et de l’argent. Mais pour y parvenir, les gens de Facebook devaient d’abord s’assurer que les informations que vous donnez seraient publiques.

Et donc en décembre, avec l’aide des experts en vie privée de Beltway récemment engagés, Facebook a renié ses promesses de respecter les données privées : la plupart des informations de votre profil sont devenues publiques par défaut. Ce qui comprend la ville où vous vivez, votre nom, votre photo, les noms de vos amis et les groupes que vous avez rejoints.

Au printemps Facebook a poussé le bouchon encore plus loin. Toutes les éléments que vous indiquez aimer seront publics, et renverront à des pages de profil publiques. Si vous ne voulez pas qu’il en soit ainsi, eh bien vous perdez ces données - bien que Facebook se les garde gentiment dans sa base de données pour permettre aux publicitaires de vous cibler.

Cela comprend vos goûts musicaux, les informations concernant votre travail, ce que vous aimez lire, les établissements scolaires que vous avez fréquentés, etc. Tous les éléments qui constituent votre profil. Tout doit devenir public - avec des liens vers des pages publiques pour le moindre détail - sinon vous n’y avez pas droit du tout. On peut difficilement appeler ça un choix, et tout le système est d’une complexité à rendre fou.

Dans le même temps, l’entreprise a commencé à envoyer les informations recueillies sur votre profil vers Yelp, Pandora et Microsoft - si bien que si vous allez faire un tour sur ces sites pendant que vous êtes encore connecté sur Facebook, les services en question vous proposent une « expérience personnalisée » lorsque vous apparaissez. Vous pouvez essayer l’option de désinscription après coup, mais pour interrompre définitivement ce système vous aurez besoin d’un mastère en bureaucratie facebookienne.

Vous voudriez mettre à jour votre statut pour vos amis ? Facebook envoie par défaut tous les messages à publier à l’Internet tout entier, en les déversant dans l’entonnoir des dix plus importants moteurs de recherche. Vous disposez d’un menu déroulant pour restreindre votre publication, mais il semble que ce soit trop difficile pour Facebook de se souvenir de votre choix lors des connexions suivantes. (Google Buzz, avec toutes les critiques qu’il a essuyées, se souvient tout de même des paramètres de votre dernière publication et les utilise ensuite par défaut).

Supposons maintenant que vous écriviez un message public pour dire « mon patron a eu une idée dingue pour un nouveau produit ». Eh bien vous l’ignorez peut-être, mais il existe une page Facebook consacrée à « mon patron est dingue », et comme vous avez utilisé les mots-clés qui correspondent, votre message apparaît sur cette page. Si vous utilisez les mots « FBI » ou « CIA » vous apparaîtrez sur les pages de la CIA ou du FBI.

Et voici encore le nouveau bouton Facebook « J’aime » qui se répand sur Internet. C’est une bonne idée - mais il est entièrement lié à votre compte Facebook, et vous n’avez aucun contrôle sur la façon dont il est utilisé (non, vous ne pouvez pas déclarer aimer quelque chose sans rendre cet avis totalement public).

Et encore la campagne de Facebook pour contrer les services externes. Il existait un service appelé Web 2.0 suicide machine qui vous permettait de supprimer votre profil en échange de votre mot de passe. Facebook l’a fait fermer.

Une autre entreprise proposait une application pour rassembler tous vos messages des services en ligne - y compris Facebook - , sur un portail central après avoir confié au site votre identifiant de connexion sur Facebook. Eh bien Facebook poursuit en justice cette entreprise au motif qu’elle enfreint les lois en ne respectant pas ses conditions d’utilisation.

Pas étonnant du coup que 14 groupes de défense de la vie privée aient déposé mercredi une plainte contre Facebook pour pratiques commerciales déloyales.

Mathew Ingram de GigaOm a écrit un billet intitulé « Les relations entre Facebook et la vie privée : un véritable sac de nœuds ».

Non, au fond ce n’est pas vrai. Ces relations sont simples : votre conception de la vie privée - c’est-à dire votre pouvoir de contrôle sur les informations qui vous concernent - est tout simplement démodée aux yeux de Facebook. Le grand boss Zuckerberg a déclaré en direct et en public que Facebook se contente d’accompagner l’évolution des mœurs en matière de vie privée, mais sans les modifier - une déclaration de circonstance, mais qui est carrément mensongère.

Dans l’optique de Facebook, tout devrait être public (sauf peut-être votre adresse mail). C’est drôle d’ailleurs, cette histoire d’adresse mail, parce que Facebook préfèrerait vous voir utiliser son propre système de messagerie, qui censure les messages entre utilisateurs.

Ingram continue sur sa lancée : « et peut-être Facebook ne fait-il pas l’effort de transparence nécessaire, pour expliquer ce qui est en jeu ou comment paramétrer au plus juste la maîtrise de nos données privées - mais en même temps certains choix délibérés doivent relever de la responsabilité des usagers eux-mêmes. »

Quoi ? Comment la responsabilité du choix pourrait-elle revenir à l’utilisateur quand le choix n’existe pas réellement ? Je voudrais que ma liste d’amis devienne privée. Impossible.

J’aimerais rendre mon profil visible de mes seuls amis, pas de mon patron. Impossible.

J’aimerais soutenir une association anti-avortement sans que ma mère ou le monde entier le sache. Impossible.

Dans un service en ligne, chacun devrait pouvoir contrôler ses données privées de manière simple. Et si vous trouvez de multiples billets sur des blogs qui expliquent comment utiliser votre système de protection de la vie privée, c’est signe que vous ne traitez pas vos utilisateurs avec respect. Cela signifie que vous les contraignez à faire des choix dont ils ne veulent pas, suivant un plan délibéré. Ça donne la chair de poule.

Facebook pourait démarrer avec une page très simple avec les options suivantes : je suis une personne soucieuse de sa privée, j’aime bien partager certaines choses, j’aime bien exposer ma vie en public. Chacune de ces options commanderait des paramètres différents pour des myriades de choix possibles, et tous les utilisateurs auraient ensuite la possibilité d’accéder au panneau de contrôle pour y modifier leurs préférences. Ce serait une conception respectueuse - mais Facebook ne s’intéresse pas au respect - ce qui l’intéresse c’est redéfinir pour le monde entier la différence entre ce qui est public et ce qui est privé.

Peu importe que vous soyez un adolescent et que vous ne compreniez pas que les bureaux de recrutement des universités vont utiliser votre adresse mail pour trouver des informations - potentiellement embarassantes - sur vous. C’est votre problème, et tant pis pour vous si Facebook a décidé de devenir une plateforme d’identités à l’échelle planétaire, en vous promettant d’abord de garantir votre vie privée, puis en la divulguant à votre insu par la suite. En tout cas, c’est ce que pense l’armée de spécialistes en droit de la vie privée engagés par l’entreprise et grassement payés pour dissimuler les coups fourrés.

Facebook nous a clairement appris plusieurs leçons. Nous voulons partager plus facilement des photos, des liens et nos dernières nouvelles avec nos amis, notre famille, nos collègues et même parfois avec le monde entier.

Mais cela ne signifie nullement que l’entreprise ait gagné le droit de détenir et de définir nos identités.

C’est le moment pour les meilleurs éléments de la communauté techno de trouver un moyen pour que tout le monde puisse contrôler ce qu’il veut partager et comment. Les fonctions de base de Facebook peuvent devenir des protocoles, et tout un éventail de logiciels et de services qui interagissent pourront s’épanouir.

Imaginez que vous ayez la possibilité d’acheter votre propre nom de domaine et d’utiliser de simples logiciels comme Posterous pour créer votre page de profil dans le style qui vous convient. Vous pourriez contrôler ce que les inconnus pourraient voir, tandis que ceux que vous déclarez comme vos amis verraient une page toute différente, plus intime. Ils pourraient utiliser un service gratuit financé par la publicité, qui pourrait être procuré par Yahoo, Google, Microsoft, une foule de startups ou des hébergeurs comme Dreamhost.

Les boutons « J’aime » qui foisonnent sur le Web devraient pouvoir être configurés pour faire exactement ce que vous désirez qu’ils fassent - s’ajouter à un profil protégé, s’ajouter à une liste de vœux sur votre site, ou encore être diffusés par le service de micro-blogging de votre choix. Vous auriez ainsi le contrôle de la présentation de votre propre personne - et comme dans le monde réel, vous pourriez cloisonner les différentes parties de votre vie.

Les gens qui ne veulent pas spécialement quitter Facebook pourraient continuer à jouer avec - pourvu que Facebook arrête une fois pour toutes ses pratiques inquiétantes avec nos données, comme de fournir ces informations à des tierces parties, juste parce qu’un de vos contacts a joué au quiz « Quel personnage de l’île aux naufragés êtes-vous ? » (Si, cela se produit couramment).

Bon d’accord, il n’est pas évident du tout qu’une vague alliance d’entreprises de logiciels et de développeurs puisse transformer les services de base de Facebook en protocoles partagés, pas plus qu’il ne serait facile, pour cette coalition de services en ligne, de rivaliser avec Facebook, compte tenu de ses 500 millions d’utilisateurs. Dont beaucoup acceptent que Facebook redéfinisse leurs repères culturels, ou sont trop occupés ou trop paresseux pour laisser tomber Facebook.

Mais dans l’Internet idéal avec lequel j’aimerais vivre, nous devrions avoir cette possibilité, au lieu de nous retrouver obligés de choisir entre laisser Facebook nous utiliser et être totalement exclus de la conversation.

Facebook’s Gone Rogue ; It’s Time for an Open Alternative

Ryan Singel - 7 mai - Epicenter (Wired)

Facebook has gone rogue, drunk on founder Mark Zuckerberg’s dreams of world domination. It’s time the rest of the web ecosystem recognizes this and works to replace it with something open and distributed.

Facebook used to be a place to share photos and thoughts with friends and family and maybe play a few stupid games that let you pretend you were a mafia don or a homesteader. It became a very useful way to connect with your friends, long-lost friends and family members. Even if you didn’t really want to keep up with them.

Soon everybody — including your uncle Louie and that guy you hated from your last job — had a profile.

And Facebook realized it owned the network.

Then Facebook decided to turn “your” profile page into your identity online — figuring, rightly, that there’s money and power in being the place where people define themselves. But to do that, the folks at Facebook had to make sure that the information you give it was public.

So in December, with the help of newly hired Beltway privacy experts, it reneged on its privacy promises and made much of your profile information public by default. That includes the city that you live in, your name, your photo, the names of your friends and the causes you’ve signed onto.

This spring Facebook took that even further. All the items you list as things you like must become public and linked to public profile pages. If you don’t want them linked and made public, then you don’t get them — though Facebook nicely hangs onto them in its database in order to let advertisers target you.

This includes your music preferences, employment information, reading preferences, schools, etc. All the things that make up your profile. They all must be public — and linked to public pages for each of those bits of info — or you don’t get them at all. That’s hardly a choice, and the whole system is maddeningly complex.

Simultaneously, the company began shipping your profile information off pre-emptively to Yelp, Pandora and Microsoft — so that if you show up there while already logged into Facebook, the sites can “personalize” your experience when you show up. You can try to opt out after the fact, but you’ll need a master’s in Facebook bureaucracy to stop it permanently.

Care to write a status update to your friends ? Facebook sets the default for those messages to be published to the entire internet through direct funnels to the net’s top search engines. You can use a dropdown field to restrict your publishing, but it’s seemingly too hard for Facebook to actually remember that’s what you do. (Google Buzz, for all the criticism it has taken, remembers your setting from your last post and uses that as the new default.)

Now, say you you write a public update, saying, “My boss had a crazy great idea for a new product !” Now, you might not know it, but there is a Facebook page for “My Crazy Boss” and because your post had all the right words, your post now shows up on that page. Include the words “FBI” or “CIA,” and you show up on the FBI or CIA page.

Then there’s the new Facebook “Like” button littering the internet. It’s a great idea, in theory — but it’s completely tied to your Facebook account, and you have no control over how it is used. (No, you can’t like something and not have it be totally public.)

Then there’s Facebook’s campaign against outside services. There was the Web 2.0 suicide machine that let you delete your profile by giving it your password. Facebook shut it down.

Another company has an application that will collect all your updates from services around the web into a central portal — including from Facebook — after you give the site your password to log in to Facebook. Facebook is suing the company and alleging it is breaking criminal law by not complying with its terms of service.

No wonder 14 privacy groups filed a unfair-trade complaint with the FTC against Facebook on Wednesday.

Mathew Ingram at GigaOm wrote a post entitled “The Relationship Between Facebook and Privacy : It’s Really Complicated.”

No, that’s just wrong. The relationship is simple : Facebook thinks that your notions of privacy — meaning your ability to control information about yourself — are just plain old-fashioned. Head honcho Zuckerberg told a live audience in January that Facebook is simply responding to changes in privacy mores, not changing them — a convenient, but frankly untrue, statement.

In Facebook’s view, everything (save perhaps your e-mail address) should be public. Funny too about that e-mail address, for Facebook would prefer you to use its e-mail–like system that censors the messages sent between users.

Ingram goes onto say, “And perhaps Facebook doesn’t make it as clear as it could what is involved, or how to fine-tune its privacy controls — but at the same time, some of the onus for doing these things has to fall to users.”

What ? How can it fall to users when most of the choices don’t’ actually exist ? I’d like to make my friend list private. Cannot.

I’d like to have my profile visible only to my friends, not my boss. Cannot.

I’d like to support an anti-abortion group without my mother or the world knowing. Cannot.

Setting up a decent system for controlling your privacy on a web service shouldn’t be hard. And if multiple blogs are writing posts explaining how to use your privacy system, you can take that as a sign you aren’t treating your users with respect, It means you are coercing them into choices they don’t want using design principles. That’s creepy.

Facebook could start with a very simple page of choices : I’m a private person, I like sharing some things, I like living my life in public. Each of those would have different settings for the myriad of choices, and all of those users could then later dive into the control panel to tweak their choices. That would be respectful design - but Facebook isn’t about respect — it’s about re-configuring the world’s notion of what’s public and private.

So what that you might be a teenager and don’t get that college-admissions offices will use your e-mail address to find possibly embarrassing information about you. Just because Facebook got to be the world’s platform for identity by promising you privacy and then later ripping it out from under you, that’s your problem. At least, according to the bevy of privacy hired guns the company brought in at high salaries to provide cover for its shenanigans.

Clearly Facebook has taught us some lessons. We want easier ways to share photos, links and short updates with friends, family, co-workers and even, sometimes, the world.

But that doesn’t mean the company has earned the right to own and define our identities.

It’s time for the best of the tech community to find a way to let people control what and how they’d like to share. Facebook’s basic functions can be turned into protocols, and a whole set of interoperating software and services can flourish.

Think of being able to buy your own domain name and use simple software such as Posterous to build a profile page in the style of your liking. You’d get to control what unknown people get to see, while the people you befriend see a different, more intimate page. They could be using a free service that’s ad-supported, which could be offered by Yahoo, Google, Microsoft, a bevy of startups or web-hosting services like Dreamhost.

“Like” buttons around the web could be configured to do exactly what you want them to — add them to a protected profile or get added to a wish list on your site or broadcast by your micro-blogging service of choice. You’d be able to control your presentation of self — and as in the real world, compartmentalize your life.

People who just don’t want to leave Facebook could play along as well — so long as Facebook doesn’t continue creepy data practices like turning your info over to third parties, just because one of your contacts takes the “Which Gilligan Island character are you ?” quiz ? (Yes, that currently happens)

Now, it might not be likely that a loose confederation of software companies and engineers can turn Facebook’s core services into shared protocols, nor would it be easy for that loose coupling of various online services to compete with Facebook, given that it has 500 million users. Many of them may be fine having Facebook redefine their cultural norms, or just be too busy or lazy to leave.

But in the internet I’d like to live in, we’d have that option, instead of being left with the choice of letting Facebook use us, or being left out of the conversation altogether.

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