L’équipe est constituée de médecins psychiatres, de psychologues, d’orthophonistes, de
psychomotricien(ne)s, d’infirmièr(es), d’ assistante(s) sociale(s), d’éducateurs et d’une (ou plusieurs) secrétaire(s) médicales.
Cette structure propose des prises en charge psychiatriques, des suivis psychothérapiques, des
entretiens infirmiers, des visites à domicile, une prise en charge sociale et des actions préventives.
L’équipe du Centre médico-psychologique participe aussi aux projets de réinsertion des patients en
faisant le lien entre la période d’hospitalisation et le retour à une vie dans la cité.
Le CMP est le lieu où sont exprimées les demandes de soins émanant soit de la personne elle-même
soit de son entourage familier, socioprofessionnel, scolaire...
C’est à partir de ce pivot, que peuvent s’organiser un certain nombre d’actions extrahospitalières, en
articulation avec l’hospitalisation et s’élaborer certains projets en structures alternatives pour éviter
l’hospitalisation, réduire sa durée et réinsérer le patient.
Aujourd’hui ce travail de confiance et de proximité est gravement menacé par les pouvoirs publics.
En effet, le Directeur du CHS de Blain (Loire Atlantique) a du obtempérer à la réquisition des forces de gendarmerie et du procureur de la république et donner la liste nominative et les coordonnées (adresse et téléphone) des personnes suivies dans l’un des CMP de cet hôpital. Cela s’est passé fin avril, dans le cadre d’une enquête criminelle.
Cette situation inadmissible a été rendue possible par les différentes lois promulguées ces dernières années, notamment la loi de prévention de la délinquance.
Il appartient à tous, usagers et professionnels de la psychiatrie de réagir.
Nous dénonçons et nous nous opposons à ces pratiques stigmatisantes, qui amalgament demandeurs de soins et criminels.
Au CHS de Caen, les organisations syndicales CGT, CFDT et Sud appellent les personnels de l’établissement à se réunir dans le hall de l’administration le vendredi 8 juin à 11H30 afin de montrer son indignation et d’aller remettre au Directeur une motion à transmettre d’urgence au Ministère.
Caen, le 06 juin 2007
En Loire-Atlantique, être suivi en CMP peut s’avérer risqué !
Fin avril, dans le cadre d’une enquête criminelle, les forces de gendarmerie, sur assignation du procureur de la république, ont requis la direction du CHS de Blain (Loire Atlantique) afin qu’elle donne la liste nominative et les coordonnées (adresse et n° de téléphone) des personnes suivies sur l’un des CMP de l’hôpital.
CECI EST INTOLERABLE ! ! !
mais rendu possible depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’intérieur par les différentes lois promulguées ces dernières années comme la loi de prévention de la délinquance de mars 2007.
L’article 60-1 du code de procédure pénale permet aux forces de l’ordre de se faire remettre « des documents y compris ceux issus d’un système informatique ou d’un traitement de données nominatives sans que ne puisse (leurs) être opposée, sans motif légitime, l’obligation au secret professionnel ».
Les professionnels de santé ne veulent pas devenir des auxiliaires des « RG », le CMP, Centre Malveillant Potentiels « Surveiller et punir » Depuis quelques temps, le ton est donné. Ce type d’opération tend à se multiplier au niveau régional (Angers, Montbert, ?)
Nous dénonçons et nous nous opposons à ces pratiques stigmatisantes, qui amalgament demandeurs de soins et criminels potentiels.
La méthode qui consiste à enquêter collectivement sur des personnes du simple fait de leur passage en CMP en dit long sur la place que les pouvoirs publics, la justice et les « forces de l’ordre » accordent aux soins, aux patients, et sur le rôle qu’ils réservent à la psychiatrie.
Quid de la rencontre singulière ? Nous ne pourrions plus, dans ces conditions, garantir la confidentialité d’une parole librement déposée et recueillie par des soignants soumis au secret professionnel.
Nos organisations refusent de cautionner ces dérives « légales » (et sécuritaires), mais éthiquement inacceptables.
Comment désormais orienter une personne en souffrance psychique sur un centre de soins si elle peut, par la suite, être convoquée par un juge pour cela ?
Et demain, les dossiers médicaux informatiques serviront-ils à dénoncer les patients ? Comment continuer à inscrire leurs passages dans nos centres de soins ?
Comprenez qu’il ne s’agit pas là d’un simple hasard, mais d’une inflexion politique et « sociétale ».
A NOUS DE RESISTER !
PAS DE CRIMINALISATION DES USAGERS DE LA PSYCHIATRIE PUBLIQUE, NON AU CONTRÔLE MEDICO-SOCIAL DE LA POPULATION !
De la prévention et du soin ! C’est ce pour quoi nous avons été formés, c’est ce en quoi nous croyons !
La CGT, la CFDT et Sud saluent l’attitude professionnelle du chef de service qui a refusé de se rendre complice de cette délation, en ne fournissant aucun nom. L’ordre des médecins, interpellé par le médecin-chef de service, a fait montre d’une grande détermination à ne pas faire de vagues Après tout, comme tous les autres ordres, il a été créé pour ça : contrôler, réguler
La direction du CHS de Blain a tout d’abord refusé de fournir une liste, puis s’est pliée au cadre légal, au détriment de la philosophie du soin (Logique administrative « oblige »). Quant à nous, nous proposons à tous les professionnels de l’établissement de se positionner :
MOBILISONS NOUS POUR REFUSER CES DERIVES DANGEREUSES !
RASSEMBLEMENT vendredi 8 juin à 11H30 dans le hall de l’administration Nous irons ensemble déposer une motion auprès de la Direction.